Crevez,connards,crevez,roublards,crevez,patries,idéologies,utopies,combines! Je n'ai qu'une vie, et rien après. Vous n'en êtes que le décor, vous, vos idées, vos idéaux, vos intérets sublimes ou miteux, tout ce qui vous aide à oublier que vous allez crever, que vous n'êtes que de brefs instants de conscience, que vous n'êtes sur terre que pour avaler par un bout et pour chier par l'autre, et que vous ne pouvez pas vous faire à l'idée de n'être que ça. Moi aussi, je ne suis que ça. Et alors? ça me convient. J'aurais pu choisir,j'aurais peut être voulu du sublime... Non,là, je déconne. Ce qui est, est, c'est marre. Je suis là, j'y suis bien, je suis moi, moi tout seul. Je ne suis pas un maillon de la chaine. Je ne dois rien à personne. J'ai tout à redouter de tout le monde. Vos exaltations ne sont pas les miennes. Vos lourdes conneries d'hommes qui-savez-ce-qui-est-bon-pour-moi-et-qui-décidez-en-mon-nom, vos appels à l'héroisme-quand-il-est-trop-tard-et-qu'il-n'y-a-plus-qu'à-mourrir-crânement-pour-sauver-l'honneur, vos sacrifices sublimes, vos reniements discrets, vos ardents flamboiements pour des causes "qui nous transcendent", je les emmerdes. Je ferai semblant, si ça devient dangereux. Hurler avec les cons. Car vous êtes féroces, encore plus féroces que cons. Vous n'aurez pas ma peau. En tout cas, pas de bon coeur. Vos jeux de cons, je suis spectateur.
CAVANNA